Faut-il lécher ou licher?

LéCHER

Issu de la langue francique, le verbe lécher peut prendre plusieurs sens. Outre le fait de passer la langue sur une surface, lécher peut également être synonyme d’ effleurer, par extension, et même de faire avec un soin excessif, au sens figuré.

Ex. : Je ne me lasse pas de lécher cette glace au chocolat.
Ex. : Le peintre, du bout de son pinceau, lèche la toile de son prochain chef-d’oeuvre.
Ex. : La finition léchée de ce meuble témoigne du soin qu’a pris le menuisier pour le fabriquer.

LICHER

Quant au verbe licher, s’il brille par son absence dans certains dictionnaires, on lui attribue, au Québec, le même sens que lécher. On le retrouve également dans la langue familière au sens de boire. Il est donc préférable d’employer le verbe lécher plutôt que licher.

Ex. : Thierry adore licher un bock de bière à  l’occasion.

MOTS DE MêME FAMILLE

Manifestement inspirant, lécher a donné naissance à  plusieurs autres mots tels que léchage et lèchement qui désignent tous deux l’action de lécher et son résultat, pourlécher qui signifie lécher tout autour ainsi que lécheur (lécheuse), soit un amateur de bonne chère. Il y a également les noms composés lèche-botte (flatteur servile), lèche-cul (personne qui obéit aveuglément) et lèche-vitrine (flâner devant les étalages). Quant au nom lèche, il a le sens de flatter et on le retrouve presque uniquement dans l’expression « faire de la lèche.»

Lécher n’est pas le seul à  avoir de la famille. Lichette, qui vient du verbe licher, désigne une petite quantité d’un aliment ou d’un breuvage. La Belgique emploie également ce terme pour désigner une attache servant à  suspendre un vêtement ou un linge qui pourrait, peut-être, avoir servi à  essuyer toute trace d’un lichette de confiture dérobée à  l’insu de la cuisinière.

LES EXPRESSIONS

Parmi les expressions qui emploient le verbe lécher, on retrouve se lécher les babines, qui signifie se pourlécher ou passer sa langue sur ses lèvres avant ou après un bon repas de même que le fameux ours mal léché. Cette expression qui désigne un individu bourru et/ou grossier vient d’une légende selon laquelle les ourses auraient comme tâche de donner forme à  leur rejeton en les léchant à  leur naissance.

Merci à  Anne pour son commentaire sur le mot lichette.